Venez donc vous « loosher dans le nudge » le plus abyssal
Le nudge est dangereux et quand il se double du loosh, le cocktail est détonnant. La gueule de bois finit par être assez handicapante avec le temps... !

Précisons tout d’abord ce qu’est le loosh pour les esprits chagrins et le nudge, cela de manière succincte. Le loosh est l’exacerbation d’émotions qu’un système - comme l’entreprise - exploite : peur du manager, crainte du dirigeant, respect à sens unique,etc... Cela peut aussi être plus pernicieux et vu comme moins négatif, au niveau commun du relationnel.
Le nudge, lui, est un procédé de psychologie comportemental qui induit une action de plein gré de votre part, consentement au harcèlement ou à faire des heures non payées et non contractuelles. Le combo est redoutable. Au sein d’une structure qui pratique le loosh nudgé, il devient même mortel pour l’humain. Ce billet va vous le démontrer…
1 . Le badge d’entreprise : un rituel de dépersonnalisation
Lorsque vous entrez dans une entreprise, le badge est le graal absolu. Il correspond à l’acceptation dans un sérail, vous avez été ‘choisi’. Disons plutôt que vous correspondez à une recherche sur un poste donné, à un prix de marché et à des capacités de travail faisant l’affaire dans un standard remis à jour chaque année. Vos entretiens dits ‘de fin d’année’ ou d’évaluation servent à cela, nous pouvons y ajouter les états des comptes de l’entreprise… et oui l’argent ne tombe pas de l’arbre !
Plus trivialement, ce badge correspond à vous oublier durant 7 à 10 heures par jour. Vous allez revêtir un costume professionnel, telle une deuxième peau qui va -selon les évènements- soit rétrécir ou encore s’agrandir à outrance. Tout ce qui fait partie de l’habillage de l’entreprise, le bureau en open space et la géographie du plateau de bureaux font partie de calculs afin d’obtenir votre efficacité maximale.
Comme dans la série Severance vous passez de l’autre côté du miroir. Vous entrez dans un système qui n’existe pas vraiment, qui exige tout de vous. . Tout cela sans que vous sachiez ce qu’il est attendu de vous, la plupart du temps certains actes amoraux ne vous viendraient pas à l’esprit dans la vie courante (discuter avec psychopathe ou menteur avéré dans ses relations avec ses collègues, couvrir un harceleur de notoriété publique…).
2. Le nudge constant : sourires ultra bright, causer de la QVCT et faire bullshit bienveillant
Jamais un RH, un responsable ou encore une Direction ne vous demandera de vous dissocier en prenant un poste dans une entreprise. Cela n’est pas écrit/dit mais l’utilisation de certains propos creux ou encore de participer à des meetings sans intérêt professionnel peuvent induire votre dissociation obligatoire. Nous passerons sur les objectifs énoncés comme porteurs de sens, que vous pourrez chercher durant des lustres, ou encore de valeurs appelées aussi éthique qui font partie de la doctrine de l’entreprise. L’applicatif, lui, est rarement une question qui est abordée.
Toute cette mythologie du sens et ces techniques censées éradiquer les maux du travail, finissent par être mortifères. Justifier que l’injustifiable existe, tout en faisant croire que cela n’est pas le cas. Qu’est-ce donc que cette méthode de prestidigitation ? Si ce n’est pas pour vous manipuler, cela y ressemble grandement !
Cela peut même vous amener à commettre des actes délictueux, sans en être choqué. Votre éthique personnelle, elle, s’érode avec le temps.
3. Le loosh : cette énergie invisible/innommable qui vous suce la moelle
Un contrat en entreprise ou en dehors, c’est la vente de votre temps, de votre esprit et de votre intégrité pour de la menue monnaie. Ce n’est qu’une définition et pas un jugement de valeur.
Ce qui devient plus dommageable, c’est le fait de ne pas le savoir et de vous étonner des dérives. Cela s’appelle risques psycho-sociaux, harcèlements en tout genre, non-respect de la vie privée ou encore de son employé, non-respect du droit du travail ou du droit humain…. Tout peut rentrer – ou presque- dans cette case. C’est de croire que les dérives en entreprise font partie du ‘jeu’. Ce n’est pas un jeu et ce n’est pas non plus une pratique acceptable, quelle que soit la faute commise par un salarié.
Peu à peu, vous accordez plus de poids à ce que l’entreprise pense de vous qu’à ce que vos proches pensent de vous ! Vous entrez dans un moule qui va devenir une seconde peau, qui vous fera oublier qui vous êtes vraiment. C’est d’ailleurs pour cela que lorsque vous perdez un job, vous pensez perdre une partie de vous-mêmes. Dans ce collectif nous en savons quelque chose car certains l’ont vécu douloureusement dans leur chair. Ils vont mieux, rassurez-vous ! Ils sont légitimes de fait, pour en parler.
En acceptant tout cela par les forceps ou de manière pleine entière, vous montrez au monde que vous êtes adapté. Vous finissez par l’induire autour de vous, à l’apprendre à vos enfants ou encore l’imposer par la moraline… à vos collègues plus récalcitrants !
4. Et après votre acceptation complète, plus rien n’aura vraiment de sens
Comme vous avez été un pion très facile à convaincre, il vous sera difficile de revenir en arrière. Il ne vous est jamais expliqué que le retour en arrière est compliqué, voire impossible. Rarement vous vous rendrez compte que votre intériorité, votre libre arbitre sont morts. Aucun signe avant-coureur ne le signale, enfin si... mais cela reste subtil au début. Le corps finit par parler, se contorsionner dans un costard trop étroit et cela finit par être très inconfortable et assez difficile à supporter.
L’institution ‘entreprise’ finit par constater que vous avez bien intégré sa doctrine d’effacement de vous-mêmes et pour vous garder sous son contrôle, elle vous envoie en séminaire afin de trouver votre ‘pourquoi’ (le why en bon anglais !). Cette fumisterie supplémentaire finira par vous interroger -en surface – sur votre capacité à comprendre, ou pas, que vous êtes pris pour un imbécile.
Vous pourriez enchaîner les séminaires du “pourquoi” jusqu’à la retraite, sans jamais comprendre à quoi cela sert vraiment.
Le pourquoi n’a jamais passé le premier tour de tourniquet à l’entrée, il s’est tiré en courant depuis un moment. Pourtant ces délires de coachs sont très rémunérateurs mais ils se fichent que vous ayez trouvé quelque chose. Ce n’est pas leur problème, demain ils passeront à l’entreprise voisine et sans plus de succès.
5. Conclusion satirico-policée : il ne s’agit pas de retrouver le sens, juste de ne plus le perdre à l’entrée
Comme pour les trous de CV, il n’y a pas de sens à redécouvrir, à camoufler ou à retrouver. Tout cela est de la vaste fumisterie. Cela n’a jamais eu de sens profond.
Si vous ne voulez pas perdre quelque chose alors identifiez-le, gardez-le précieusement et ne le vendez surtout pas au plus offrant. Ce n’est pas vous qui devez être dissonant, c’est le Système qui doit avouer ses fautes et ses tendances psychopathiques profondes. Ce même système qui vous rend malade et vous accuse de ne pas supporter ses débordements, de ne pas assez prendre sur vous ou alors d’être en arrêt maladie… car le corps dit STOP !
Si vous voulez retrouver du sens, commencer par désactiver ce programme forcé de ‘loosh nudging’ dès le départ. A l’université notamment, interrogez vos enseignements et remettez-les dans le bon contexte car cela vous aidera pour plus tard en entreprise. Le meilleur des salariés n’est pas celui qui se vend au plus offrant, c’est celui qui peut se regarder dans la glace sans faillir jusqu’à son dernier souffle !
En conclusion le Système a besoin de votre énergie, pas de votre vérité.
#Nudge #Loosh #Arnaque #BackstageRH #Billet 24
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