Manager n’est pas jouer…

En ce début d'année 2026, tous les sujets à contrariété seront de mise. Nous commençons par le management, ses valeurs et ses bienfaits.

Nous voulions commencer l’année 2026 avec un sujet léger. L’équipe éditoriale était très claire sur ce fait…. sauf… que nous avons décidé de préserver le sérieux du blog. Le manager a-t-il encore une fonction dans l’entreprise ?

Notre passé et nos constats

Avec une moyenne de 25 ans passés d’expérience professionnelle, dans nos différents métiers, nous avons vu passer beaucoup de managers, de non-managers rêvant de la fonction et… de salariés désabusés par ce manège.

Nous pourrions aller à la facilité en disant que les promus ne sont pas les meilleurs, cela serait partial… et relaterait assez bien la réalité vécue. Non par jalousie, nous avons été promus pour certains d’entre nous. Souvent pour de mauvaises raisons, faire passer des couleuvres à nos collègues -notamment. Pour autant, nous connaissions encore les métiers au sein desquels nous étions promus. A une époque manager n’était pas un travail, c’était juste une fonction. Rien de plus.

De nos jours, des écoles en tout genre fleurissent -avec des formations souvent hasardeuses sur le sujet management- et proposent d’être formé au mieux à la fonction. Sans métier tangible à revendiquer, juste une fonction hiérarchique qui fait rêver les parents et leurs rejetons. Cela serait-il un des facteurs de perte de sens si décrié de nos jours ?

Nous voyons ces formations prospérer depuis près de 30 ans, dans lesquelles il n’y a pas de fond et nous cherchons encore les bienfaits du discours mis en avant. Cela rapporte beaucoup aux créateurs de ces ‘écoles’ et à certains professeurs assermentés… Ce n’est pas bien nouveau, les universités cotées n’ont-elles pas fait de même avec les parents des étudiants actuels ?

Déjà à cette époque ces écoles étaient la voie royale pour l’entre soi et le clonage des profils, technique née à cette époque. Cela permettait de se parler avec peu de mots, de ‘manager’ sans trop devoir s’expliquer. Tout le monde avait suivi les mêmes cours, avec les mêmes professeurs et était arrivé à la même conclusion. Manager, c’est top. Être troufion 1ère dan était pour les écoles et les cursus moins cotés. La dure loi du marché et des moins bien nés !

Être bardé du diplôme bankable sur un marché ne façonne pas un manager

Vous l’aurez compris, la méritocratie n’a jamais eu cours nulle part. Ce n’est pas un concours de talents, c’est un concours de compatibilité et de vaniteux. La kakistocratie y participe, avec un Dunning-Kruger flagrant et doublé du principe de Peter… collé comme le malencontreux papier Q oublié, dépassant du pantalon.

Le promu est aussi lisse (ou du même bois) que celui qui l’a nommé, il lui doit son poste donc il sera aux ordres et le but est de ne jamais redescendre dans la hiérarchie. Bah non… quelle honte ! Pour se faire le promu va servir son gentil bienfaiteur jusqu’au bout.

Pour être utile, afin de gagner son pain quotidien, il y aura au menu :

-          Refus de tout avancement pour les collègues en dessous,

-          Faire des réunions à rallonge, justifiant du temps effectif au travail,

-          Légitimer -auprès des salariés en-dessous de lui- les décisions ubuesques à intégrer dans le process de travail quotidien,

-          Savoir applaudir et sourire à ses protecteurs en toute circonstance…

La liste pourrait s’allonger, cela risquerait de vous fatiguer !

Rien de caricatural ici, c’est une seconde peau pour certains. Les Directions adorent ces profils, si vous regardez bien dans vos entreprises vous en trouverez. Sans mauvais état d’esprit, tout ceci est assez commun.

Les chevaux de course sont là pour turbiner comme des animaux de trait

Ceux qui connaissent le métier sont là pour maintenir le manager à flot. Les gêneurs, les emmerdeurs, les compliqués à la mesure de rétorsion… hop à la trappe ! Pas d’autre solution pour que le système tienne sur ses pattes.

Pour les récalcitrants, c’est le remplacement en interne. Dehors les seniors à qui vous ne pouvez plus ‘la faire à l’envers’. Pas d’empêcheurs pour tourner en rond dans les équipes !

Le manager est le relais de la violence institutionnelle de l’entreprise. Il tient tout dans sa main. L’ordre. La continuité des mauvais modes de management. Les dérives visibles qu’il ne veut pas voir - ou qu’il refuse de prendre en charge.

Il attend tranquillement son prochain poste, plus haut dans la hiérarchie. Il adore les entretiens annuels -où il peut faire la pluie et le beau temps ou étaler son pouvoir et sa puissance. C’est sa raison d’être et ses cours de management lui ont été utiles pour cela. Ne pas faire de vague, attendre patiemment la prochaine montée en grade est souvent son credo.

Le manager et ses suffisances, au-delà du prestige et de l’esbroufe.

Tout ce petit monde est dans un organigramme figé. Le télétravail avait un peu modifié cette donnée, pas assez pour inverser la tendance. Salariés de tout pays, vous êtes trop détendus… nous vous refaisons revenir au bercail de gré... mais surtout… de force !

Quelle joie de venir subir à nouveau les insuffisances et le pouvoir managérial ! RPS en tout genre, accrochez-vous ! La liste à la Prévert peut débuter et sans jamais passer par la case ‘remise en question’.

L’organisation est tellement bien contrôlée que rien ne bouge, les managers sont à leur place de gardiens sur plusieurs niveaux. Les salariés turbinent -enfin ceux qui restent- car certains connaissent encore leur travail et trouvent un poste ailleurs. Il paraît qu’il y a une chasse aux talents…. En effet la chasse est sans fin, quel talent est apprécié celui d’acquiescer et de ne jamais poser de questions ?

Bref tout cela contribue à la destruction calculée de l’entreprise, de l’organisation en tant que telle. Depuis 45 ans, c’est un pugilat et cela s’accélère. Est-ce pour autant la faute des managers ?

Qu’appelons-nous manager ?

Le manager est ce qui est utile au système pour survivre. Il aide à la survie des carcans internes de l’entreprise. Ce pion pense que son statut lui donne tous les droits. Son enseignement payé à grand renfort de billets lui donne un blanc-seing pour la maltraitance, la nuisance et l’insuffisance de ce qu’il représente. Il EST l’organisation. Celle qui n’est pas équitable, celle qui vit aux crochets du reste de l’entreprise et qui se camoufle sous couvert de respectabilité de son statut chèrement gagné.

Cette organisation pourrissant par la tête est voulue. Tant que vous tapez sur vos managers, vous ne vous occupez pas du haut de la pyramide. Vous savez celle qui a créé cette caste managériale, souvent inutile et délétère.

Bien sûr notre collectif avoue qu’il a pu être délétère aussi dans son management, disons plus délétères pour les directions - que pour nos anciens collègues. A force de prendre conscience et de faire prendre conscience à notre prochain, cela s’est retourné contre nous.

Le manager est multiple. Il faut apprendre à le canaliser, le mettre face à ses responsabilités et le voir comme il est. En gros, un paumé qui doit constamment faire allégeance à celui qui lui a donné une gamelle plus rutilante qu’à son voisin… Pour autant, tous les maux de l’entreprise sont-ils du fait du manager ? Non, pas systématiquement. Il est juste un rouage d’un engrenage qui a besoin de chaque pignon pour actionner son centre.

Une belle fin d’année à tous… managers ou non !

#Management #Lucidité #Gouvernance #BackstageRH

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